Opérations sur les dérivées

- Les résultats de cette section sont à connaître par c
ur : ils vous permettent de calculer les dérivées de toutes les fonctions que vous rencontrerez, à partir d'un petit nombre de dérivées usuelles.
- Théorème 1 Soient
et
deux fonctions définies sur un intervalle
contenant
. On suppose que
et
sont dérivables en
. Alors :
est dérivable en
, de dérivée
est dérivable en
, de dérivée
.
- Écrivons le taux d'accroissement de la somme.
- Écrivons le taux d'accroissement du produit.
est dérivable, elle est continue en
, donc
tend vers
quand
tend vers
. La limite d'un produit est le produit des limites, idem pour la somme. D'où le résultat.
Le théorème 1, combiné avec la proposition 3, entraîne en particulier que toute fonction polynôme est dérivable sur
.
- Théorème 2 Soit
une fonction définie sur un intervalle ouvert
de
, dérivable en
. Soit
une fonction définie sur un intervalle ouvert contenant
, dérivable en
. Alors la composée
est dérivable en
, de dérivée :
- Démonstration : Par hypothèse, les taux d'accroissement de
en
et de
en
convergent :
- C1 :
est continue en
,
- C2 :
- si
alors
au voisinage de
,
- C3 :
- le taux d'accroissement de
est borné au voisinage de
.
Considérons d'abord le cas où
. Dans ce cas,
tend vers 0, et comme conséquence de C1 et C3, il existe un intervalle
et une constante
telle que :
Considérons maintenant le cas où
. Comme conséquence de C2,
est bien défini au voisinage de
- Dérivées successives
Etant donné un intervalle ouvert - Définition 5 Soit
une fonction définie sur un intervalle
de
. On dit que
est de classe
sur
, ou encore
est
fois continûment dérivable, si elle admet une dérivée
-ième continue sur
.
toutes les fonctions usuelles sont de classe 
sur les intervalles ouverts où elles sont définies.
La formule de Leibniz, très proche de la formule du binôme de Newton, exprime la dérivée
-ième d'un produit à d'aide des dérivées successives des composantes.
- Proposition 5 Si
et
sont deux fonctions de
dans
,
fois dérivables sur un intervalle
, alors le produit
est
fois dérivable sur
et :
(1) |
- Démonstration : par récurrence sur
. Puisque par définition
, la formule est vraie pour
. Supposons qu'elle est vraie pour
. Si
et
sont dérivables
fois sur
, alors pour tout
, le produit
est dérivable et sa dérivée est :
Pour la dernière égalité, nous avons appliqué la formule du triangle de Pascal. La formule est vraie pour
- Le produit de deux fonctions d'une variable réelle
et
définies et dérivables jusqu'à l'ordre
sur un intervalle
est dérivable jusqu'à l'ordre
. La formule de Leibniz fournit sa dérivée d'ordre
donnée par :
où les nombres entiers
sont les coefficients binomiaux, et où l'on convient que la « dérivée zéro-ième » de f, notée
, est la fonction f elle-même.
- Théorème des accroissements finis
En un point où la dérivée d'une fonction s'annule, les accroissements de la fonction sont négligeables devant les accroissements de la variable. Souvent, c'est un point où les variations de la fonction changent de sens, donc un maximum ou un minimum.
Définition 6 Soit
une fonction de
dans
, définie sur un intervalle ouvert
. Soit
un point de
. On dit que
est un
- maximum local de
si
- minimum local de
si
Insistons sur l'adjectif local. Il suffit que la valeur de
en
soit la plus grande des valeurs prises par
sur un petit intervalle autour de
pour que
soit un maximum local. Cette valeur n'est pas nécessairement la plus grande prise par
sur tout son domaine de définition (voir le graphe de la figure 3).
Théorème 4 Soit
une fonction de
dans
, définie sur un intervalle ouvert
. Si
présente un extremum (maximum ou minimum) local en un point
de
, et si
est dérivable en
, alors
.
Démonstration : Si
est un minimum local de
, alors c'est un maximum local de
: quitte à remplacer
par
, nous pouvons supposer que
est un maximum local.
Donc pour tout
dans l'intervalle
,
Pour tout
dans l'intervalle
,
D'où le résultat.
Reprenons l'exemple de la figure 2 :
. La dérivée est :
Elle s'annule en
, et
admet effectivement un maximum en ce point. Mais savoir que
permet seulement d'affirmer que la tangente en ce point est horizontale. Il se pourrait que la dérivée en un point soit nulle sans que la fonction admette un extremum en ce point : par exemple la fonction
en 0. D'autre part, une fonction peut présenter un extremum en
, sans être dérivable en ce point (par exemple la fonction
en 0).
Voici un autre exemple (figure 3). Soit
la fonction définie par :
Le taux d'accroissement de
en 0 est
, qui tend vers 0. La dérivée de
en 0 est donc nulle. Pourtant, tout intervalle contenant 0, contient aussi des valeurs positives, et des valeurs négatives (et aussi une infinité d'extrema locaux). Nous allons appliquer le théorème 4, pour démontrer le théorème de Rolle.
Théorème 5 Soient
et
deux réels tels que
. Soit
une fonction de
dans
, continue sur
, dérivable sur
. Si
, alors la dérivée de
s'annule sur
.
Démonstration : Une application continue sur intervalle fermé borné, atteint sa borne inférieure
et sa borne supérieure
: il existe
tels que pour tout
,
Si
, l'application
est constante sur
, et sa dérivée est identiquement nulle. Si
, alors l'une au moins de ces deux valeurs est différente de
(et donc de
). Si
, alors
est un minimum pour
, et donc
, d'après le théorème précédent. Si
, alors
est un maximum pour
, et donc
.
On en déduit le résultat le plus important de cette section, le théorème des accroissements finis.
Théorème 6 Soient
et
deux réels tels que
. Soit
une fonction de
dans
, continue sur
, dérivable sur
.
Démonstration : Considérons la fonction
, qui à
associe
La fonction
est continue sur
, dérivable sur
. De plus, elle prend la même valeur en
et
:
D'après le théorème de Rolle, la dérivée de
s'annule en un point
de
.
D'où le résultat.
Graphiquement, le théorème des accroissements finis dit que la courbe représentative de
sur
possède au moins une tangente parallèle à la sécante passant par
et
(figure 5). Si
représente la position d'un mobile à l'instant
, le théorème des accroissements finis dit que en au moins un point, la vitesse instantanée doit être égale à la vitesse moyenne sur l'intervalle.
Le plus souvent en pratique, on ne sait rien de la valeur de
qui est telle que la tangente en
est parallèle à la sécante. Mais de son existence découlent des inégalités permettant d'obtenir des renseignements précis sur les accroissements de la fonction. Le théorème des accroissements finis permet aussi d'établir le lien entre le sens de variation de
et le signe de sa dérivée.
Proposition 6 Soit
un intervalle ouvert non vide, et
une fonction dérivable sur
. La fonction
est :
- croissante sur
si et seulement si
est positive ou nulle sur
,
- décroissante sur
si et seulement si
est négative ou nulle sur
.
Démonstration : La fonction
est croissante si et seulement si
est décroissante. Il suffit donc de démontrer le premier point. Si
est croissante, alors ses taux d'accroissement sont tous positifs ou nuls :
Comme la dérivée en chaque point est limite de taux d'accroissement, elle est aussi positive ou nulle.
Réciproquement, soient
et
deux points de
tels que
. Appliquons le théorème des accroissements finis à
sur l'intervalle
: il existe
tel que :
Donc
.
Ce résultat n'est valable que sur un intervalle : la fonction
a une dérivée négative sur
, pourtant elle n'est pas décroissante. D'autre part, si la dérivée est strictement positive, alors la fonction est strictement croissante. La réciproque est fausse. La fonction peut être strictement croissante même si la dérivée s'annule en certains points (par exemple
). Comme autre application du théorème des accroissements finis, il est possible d'obtenir la dérivée en un point comme prolongement par continuité de la dérivée calculée sur un intervalle.
Proposition 7 Soient
et
deux réels tels que
. Soit
une fonction de
dans
, continue sur l'intervalle
, dérivable sur
. Si
admet une limite finie en
, alors
est dérivable à droite en
et :
Démonstration : Soit
. Appliquons le théorème des accroissements finis sur l'intervalle
. Il existe
tel que
Soit
la limite à droite de
en
. Pour tout
, il existe
tel que
Donc pour
,
D'où le résultat.
Ce résultat n'est qu'une condition suffisante. Il peut se faire que la dérivée existe sans qu'elle soit continue. Par exemple la fonction
a une dérivée nulle en 0 (figure 3). Pourtant sa dérivée en
,
, n'a pas de limite en 0.
Fonctions convexes
Définition 7 Soit
une fonction de
dans
, définie sur un intervalle
contenant au moins deux points. On dit que
est convexe sur
si et seulement si :
(2) |
Si
, et
, alors
est un point de l'intervalle
. La condition (2) dit que le point de la courbe représentative d'abscisse
doit être situé au-dessous du segment de sécante joignant les points
et
(figure 6). En d'autres termes, tout arc de la courbe représentative doit être situé au-dessous de sa corde. De manière équivalente, la partie du plan située au-dessus de la courbe représentative est une région convexe, au sens où tout segment joignant deux de ses points est entièrement contenu dans la région.
Une fonction est dite concave si son opposée est convexe. Les propriétés sont inversées : tout arc est au-dessus de sa corde. La région du plan située au-dessous de la courbe représentative est convexe.
La fonction exponentielle est convexe, la fonction logarithme est concave. La fonction
est convexe sur
pour
, elle est concave pour
. La fonction
est convexe sur
, concave sur
, de même que la fonction
. Voici une autre caractérisation de la convexité.
Proposition 8 Soit
une fonction de
dans
, définie sur un intervalle
contenant au moins deux points. La fonction
est convexe sur
si et seulement si, pour tout
le taux d'accroissement
est une fonction croissante de
sur
.
Démonstration : Commmençons par la condition nécessaire. Soit
et
tels que
. Trois cas sont possibles :
,
,
. Nous traitons le premier, les deux autres sont analogues. Soit
. Alors
. Comme
est convexe,
On en déduit :
soit :
Montrons maintenant la condition suffisante. Soient
et
deux points de
tels que
et
un réel dans
. Posons
, et donc :
Si
ou
, l'inégalité est vérifiée. Nous pouvons donc supposer que
est différent de
et
. Écrivons que le taux d'accroissement en
est croissant.
En multipliant les deux membres par le produit
, qui est positif, on obtient :
En divisant par
ceci donne :
- Corollaire 1 Si une fonction
est convexe sur un intervalle ouvert
, alors elle est dérivable à gauche et à droite en tout point de
, et donc continue sur
.
- Démonstration : Si
, le taux d'accroissement en
,
, est une fonction croissante de
. Il admet donc en
une limite à gauche et une limite à droite finies.
Ce résultat n'est pas valable si l'intervalle n'est pas ouvert. Par exemple la fonction qui vaut 0 sur
, et
au point
est convexe sur
, mais elle n'est pas continue en
. Le fait qu'une dérivée à gauche et à droite existe, n'implique pas que la fonction soit dérivable. Par exemple, la fonction valeur absolue
est convexe sur
mais elle n'est pas dérivable en 0. Lorsque la fonction est dérivable, sa dérivée est croissante.
- Proposition 9 Soit
une fonction de
dans
, dérivable sur un intervalle ouvert
. La fonction
est convexe sur
si et seulement si sa dérivée
est croissantesur
.
- Démonstration : Commençons par la condition nécessaire. Soient
et
deux points de
, tels que
. Pour tout
,
En faisant tendre
vers
, on en déduit :
De même, en faisant tendre
vers
,
Donc
.
Montrons maintenant la condition suffisante. Soient
deux points de
tels que
,
, et
. Appliquons le théorème des accroissements finis sur les deux intervalles
et
. Il existe
et
tels que :
La fonction
étant croissante, on a donc :
Comme nous l'avons déjà vu dans la démonstration de la proposition 8, ceci entraîne
On en déduit que pour
,
Donc la courbe représentative de
reste au-dessus de ses tangentes (figure 6).
Corollaire 2 Soit
une fonction de
dans
, deux fois dérivable sur un intervalle ouvert
. La fonction
est convexe sur
si et seulement si sa dérivée seconde
est positive ou nulle sur
.
Une fonction deux fois dérivable est concave si et seulement si sa dérivée seconde est négative ou nulle. Les points où la dérivée seconde s'annule et change de signe correspondent graphiquement à des points où la courbe représentative passe de concave à convexe où inversement. On les appelle des points d'inflexion.
Exercices
- Exercice 1 Pour chacune des fonctions
définies ci-dessous :
- Donner une expression explicite du taux d'accroissement de
en un point
quelconque du domaine de définition.
- Calculer la limite en
de ce taux d'accroissement et retrouver l'expression de la dérivée de
en
.
- Exercice 2 Soient
et
deux fonctions définies sur un intervalle ouvert
. On suppose que
et
sont dérivables en
et que
. Montrer que :
(C'est la «Règle de l'Hôpital»).
- Exercice 3 Pour chacune des applications
définies ci-dessous :
- Verifiez que
est prolongeable par continuité en 0.
- L'application prolongée est-elle dérivable en 0 ?
- Exercice 4 Pour chacune des fonctions
définies ci-dessous :
- Préciser le domaine de définition de
.
- Soit
un intervalle ouvert inclus dans
. Démontrer que
est dérivable sur
.
- Calculer l'expression de la dérivée de
.
- Exercice 5 Pour chacune des fonctions
définies ci-dessous, sur un intervalle
:
- Démontrer que
est dérivable sur
.
- La fonction
est-elle dérivable à droite en
?
- La fonction
est-elle dérivable à gauche en
?
Exercice 6 Pour tout
, calculer la dérivée d'ordre
des fonctions suivantes.
Exercice 7
- Déterminer les réels
et
tels que la fonction
définie ci-dessous soit de classe
sur
.
- Déterminer les réels
,
et
tels que la fonction
définie ci-dessous soit de classe
sur
.
- Déterminer les réels
et
tels que la fonction
définie ci-dessous soit de classe
sur
.
Exercice 8 On dit qu'une fonction de
dans
est paire si pour tout
,
. On dit qu'elle est est impaire si pour tout
,
. Soit
une fonction dérivable sur
.
- Montrer que si
est paire alors
est impaire.
- Montrer que si
est impaire alors
est paire.
Exercice 9 Soit
la fonction de
dans
définie par
si
et
.
- Montrer que pour tout
,
.
- Soit
la fonction de
dans
définie par
si
et
si
. Montrer que
est de classe
sur
.
- Soient
et
deux réels tels que
. Soit
la fonction de
dans
définie par :
Montrer queest de classe
sur
. Représenter graphiquement
pour
et
.
Exercice 10 Soient
et
deux réels tels que
. Soit
une fonction définie sur
, dérivable à gauche et à droite en tout point de
. On suppose que
est continue à gauche en
, à droite en
et que
. Montrer qu'il existe un point
tel que le produit de la dérivée à gauche en
par la dérivée à droite en
soit négatif ou nul.
Exercice 11 Soit
une fonction continue sur
, dérivable sur
, telle que
Montrer qu'il existe
tel que
.
Exercice 12 Soient
et
deux réels tels que
. Soient
et
deux fonctions définies sur
, dérivables sur
. On suppose que
ne s'annule pas sur
.
- Montrer que le théorème de Rolle s'applique à la fonction
- En déduire qu'il existe un point
tel que :
Exercice 13 Soit
une fonction continue sur
, dérivable sur
, telle que
. On suppose que
est croissante sur
. Démontrer que la fonction
définie sur
par
est croissante.
Exercice 14
- Etudier les variations de la fonction
sur
. En déduire que l'équation
a trois solutions réelles.
- Soient
et
deux réels et
un entier naturel. Montrer que l'équation
a au plus trois solutions réelles.
- Soit
un entier naturel supérieur ou égal à
. Montrer que l'équation
a une seule solution réelle positive.
- Soit
un réel positif et
un entier naturel pair. Montrer que l'équation
admet
pour seule solution réelle.
Exercice 15
- Soient
,
et
trois réels. On considère la fonction
définie par
Soientet
deux réels tels que
. Déterminer le point
tel que
- Soient
,
et
trois réels. On considère la fonction
définie par
Soientet
deux réels tels que
. Déterminer le point
tel que
Exercice 16 Utiliser le théorème des accroissements finis pour donner un majorant des réels suivants. Comparer ce majorant avec une approximation numérique à
près.
Exercice 17
- Soient
et
deux réels tels que
. Montrer que :
- Pour tout
, on pose :
Démontrer que pour tout,
- Soient
et
deux réels tels que
. Montrer que :
- Pour tout
, on pose :
Démontrer que pour tout,
Exercice 18
- Utiliser le théorème des accroissements finis, appliqué à la fonction exponentielle pour démontrer que :
- Utiliser le théorème des accroissements finis, appliqué à la fonction
pour démontrer que :
- Utiliser le théorème des accroissements finis, appliqué à la fonction logarithme pour démontrer que :
- Utiliser le théorème des accroissements finis, appliqué à la fonction
pour démontrer que :
- Utiliser le théorème des accroissements finis, appliqué à la fonction cosinus pour démontrer que :
- Utiliser le théorème des accroissements finis, appliqué à la fonction
pour démontrer que :
- Utiliser le théorème des accroissements finis, appliqué à la fonction
pour démontrer que :
- Utiliser le théorème des accroissements finis, appliqué à la fonction
pour démontrer que :
Exercice 19 Soient
et
deux réels tels que
. Soit
une fonction deux fois dérivable sur
telle que
et pour tout
,
. Montrer que, pour tout
,
.
Exercice 20 Soit
une fonction deux fois dérivable sur
telle que pour tout
,
,
et
.
- Montrer que si
est majorée alors
est constante.
- Montrer que si
n'est pas majorée, alors :
- Montrer que la limite quand
tend vers
de
existe, et qu'elle est soit infinie, soit finie et strictement positive.
- Soit
. Montrer que
vérifie les hypothèses de l'exercice, et calculer la limite quand
tend vers
de
.
Exercice 21 Soit
une fonction convexe sur un intervalle ouvert
, dérivable en un point
, et telle que
. Montrer que
est un minimum global pour
sur I :
Exercice 22
- Soit
une fonction convexe sur un intervalle
. Montrer que pour tout
, pour tout
,
- Démontrer que pour tout
, et pour tout
,
- Démontrer que pour tout
, et pour tout
,
- Démontrer que pour tout
, et pour tout
,
Exercice 23 Soient
et
deux réels strictement positifs tels que :
- Montrer que, pour tout
,
- Soient
tels que :
Montrer que : - Soient
. Démontrer l'inégalité de Hölder :
- Soit
. Démontrer l'inégalité de Minkowski :
(On poseraet
.
QCM
Donnez-vous une heure pour répondre à ce questionnaire. Les 10 questions sont indépendantes. Pour chaque question 5 affirmations sont proposées, parmi lesquelles 2 sont vraies et 3 sont fausses. Pour chaque question, cochez les 2 affirmations que vous pensez vraies. Chaque question pour laquelle les 2 affirmations vraies sont cochées rapporte 2 points.
Question 1 Soit
la fonction
et
le taux d'accroissement de
au point
.
- Le taux d'accroissement
est une fonction de
dans
.
- Le taux d'accroissement
est égal à
.
- Pour tout
,
.
- Le taux d'accroissement
n'admet pas de limite quand
tend vers
.
- Le taux d'accroissement
est prolongeable par continuité en
.
Question 2 Soit
une fonction définie sur
,
son graphe, et
un point de
.
- Si
admet une tangente au point
, alors
est dérivable en
.
- Si
n'est pas dérivable en
, alors
n'est pas continue en
.
- Si
est dérivable en
, alors au voisinage de
.
- Si
admet une dérivée nulle en
, alors
admet une tangente horizontale au point
.
- Si le taux d'accroissement de
en
tend vers
quand
tend vers
, alors
admet une tangente verticale au point
.
Question 3 Soit
la fonction définie par
si
et
.
- La dérivée de
en 0 est nulle.
- La dérivée de
en
est
.
- Le graphe de
admet une tangente verticale en 0.
- La dérivée de
en
est
.
- Pour tout
les dérivées de
en
et en
sont égales.
Question 4 Soit
la fonction qui à
associe
.
- La fonction
est indéfiniment dérivable sur
.
- La fonction
est dérivable à droite en
.
- Le graphe de
admet une tangente verticale en
.
- La dérivée de
en 0 est nulle.
- La dérivée et la dérivée seconde de
prennent la même valeur en 0.
Question 5 Soit
un entier.
- La dérivée
-ième de
est
.
- La dérivée seconde de
s'annule en 0.
- La dérivée troisième de
est
.
- La dérivée seconde de
est
.
- La dérivée troisième de
est
.
Question 6 Soit
une fonction dérivable de
dans
. Soient
et
deux réels.
- Si
présente un maximum local en
, alors
.
- Si
, alors
présente un extremum local en
.
- Si
, alors
atteint son maximum sur
.
- Si
, alors
présente un extremum local en un point de
.
- S'il existe
tel que
, alors
.
Question 7 Soit
une fonction de
dans
, continue sur
et dérivable sur
. On suppose que
et
.
- La fonction
est croissante sur
.
- Il existe
tel que
.
- Pour tout
,
.
- La fonction
admet un extremum local sur
.
- La fonction
admet un extremum local sur
.
Question 8 Soit
une fonction dérivable de
dans
.
- Si
est strictement décroissante sur
, alors
est strictement négative sur
.
- Si
est négative ou nulle sur
, alors
est décroissante sur
.
- Si
est strictement négative sur
, alors
est strictement décroissante sur
.
- Si
est décroissante sur
, alors
est décroissante sur
.
- Si
est décroissante sur
, alors
est décroissante sur
.
Question 9 Soit
une fonction de
dans
.
- Si
est convexe sur
alors
est continue sur
.
- Si pour tout
,
, alors
est convexe sur
.
- Si
est convexe sur
et
, alors il existe
tel que la dérivée de
en
existe et soit nulle.
- Si
est dérivable en un point
de
, alors
est inférieure à
.
- Si
est convexe sur
et
, alors la fonction
est croissante sur
.
Question 10 Soit
la fonction de
dans
, qui à
associe
.
- La fonction
est croissante sur
- La fonction
présente un maximum local en 0.
- La fonction
présente un minimum global en
.
- La fonction
est convexe sur
.
- La fonction
est croissante sur
.
Devoir
Essayez de bien rédiger vos réponses, sans vous reporter ni au cours, ni au corrigé. Si vous souhaitez vous évaluer, donnez-vous deux heures ; puis comparez vos réponses avec le corrigé et comptez un point pour chaque question à laquelle vous aurez correctement répondu.
Questions de cours : Soit
une fonction définie sur
, à valeurs dans
. Soit
un point de
.
- Qu'appelle-t-on taux d'accroissement de
en
?
- Quand dit-on que la fonction
est dérivable en
?
- Démontrer que
est dérivable en
si et seulement si, au voisinage de 0 :
- Quand dit-on que
est convexe sur
?
- Si
est convexe sur
, que peut-on dire du taux d'accroissement de
en
? Que peut-on dire de la dérivée de
en
?
Exercice 1 : On admettra dans cet exercice les limites suivantes.
- Démontrer que :
- Soit
un réel quelconque. Démontrer que la fonction
est dérivable en
, et que sa dérivée est
.
- Soit
un réel quelconque. Démontrer que la fonction
est dérivable en
, et que sa dérivée est
.
- Soit
un réel quelconque. Démontrer que la fonction
est dérivable en
, et que sa dérivée est
.
- Soit
un réel strictement positif. Démontrer que la fonction
est dérivable en
, et que sa dérivée est
.
Exercice 2 : Soit
la fonction de
dans
qui à
associe :
- Déterminer le domaine de définition de
, noté
. Montrer que
est dérivable sur
et calculer sa dérivée. Montrer que
est strictement croissante sur
et sur
, strictement décroissante sur
.
- Calculer la dérivée seconde de
. Montrer que
est convexe sur
et sur
, concave sur
et sur
.
- Soit
un réel. Soit
la fonction qui à
associe
. Démontrer que la dérivée
-ième de
est la fonction définie par :
- En déduire la dérivée
-ième de
, pour tout entier
.
- Pour tout
, on pose
. Calculer la dérivée seconde de
. En déduire que
est concave sur tout intervalle inclus dans
.
- Montrer que
admet un maximum global en 0. Vérifier que
et
.
- Pour tout entier
, donner l'expression de la dérivée
-ième de
en fonction de
.
Exercice 3 : Soit
une fonction de
dans
, dérivable sur
.
- On suppose que
tend vers 0 quand
tend vers
. Montrer que :
- En déduire que :
- Soit
un réel. On suppose que
tend vers
quand
tend vers
. Montrer que :
(Indication : considérer la fonction).
Corrigé du devoir
Questions de cours :
- Le taux d'accroissement de
en
est l'application notée
, qui à
associe :
- On dit que
est dérivable en
si le taux d'accroissement de
en
admet une limite finie en
. Cette limite est la dérivée de
en
.
- Le taux d'accroissement
admet
pour limite en
si et seulement si :
Par définition, ceci équivaut à dire queest négligeable devant
, au voisinage de 0 :
- On dit que
est convexe sur
si :
- Si
est convexe sur
, alors le taux d'accroissement de
en
est une fonction croissante sur
. Comme une fonction croissante admet une limite à gauche et à droite en tout point, la dérivée à gauche et la dérivée à droite de
en
existent. Mais elles ne sont pas forcément égales et
n'est pas forcément dérivable en
.
Exercice 1 :
- Exprimons
à l'aide de
.
Or :Donc : - Écrivons le taux d'accroissement en
, évalué en
:
On sait que :et
Donc : - Écrivons le taux d'accroissement en
, évalué en
:
On en déduit : - Écrivons le taux d'accroissement en
, évalué en
:
On sait que :Donc : - Écrivons le taux d'accroissement en
, évalué en
:
On sait que :donc
Donc :
Exercice 2 :
- Exprimons
sous la forme :
La fonctionest définie pour tout
, donc
est défini pour tout
différent de
et de
.
La fonctionest dérivable pour tout
et sa dérivée est
. Les fonctions
et
sont dérivables respectivement sur
et
(comme fonctions polynômes). Donc
est dérivable, comme combinaison linéaire de deux fonctions qui sont elles mêmes composées de deux fonctions dérivables. On trouve :
Pourdans
ou
,
, donc
, donc
est strictement croissante sur ces intervalles. Pour
dans
,
, donc
, donc
est strictement décroissante sur
.
- On trouve :La dérivée seconde de
est positive pour
, négative pour
. Donc
est convexe sur
et sur
, concave sur
et sur
.
- Démontration par récurrence. La formule est vraie pour
:
Supposons-la vraie pour. Alors :
La formule est vraie pour, elle est donc vraie pour tout
.
- Pour
, la dérivée
-ième de
est la dérivée
-ième de
. Or :
Par linéarité, on en déduit : - On obtient :
et
En utilisant les expressions des questions 1 et 2 :La dérivée seconde deest négative en tout point où elle est définie, donc
est concave sur tout intervalle inclus dans
.
- La fonction
est croissante sur
. Or la limite de
en
est nulle. Donc
est positive sur
. La fonction
est décroissante sur
. Or
. Donc
est positive sur
. Donc
est négative pour tout
négatif.
On montre de la même façon queest négative sur
et sur
(ou bien en remarquant que pour tout
,
). Donc :
Doncadmet bien un maximum global en 0. On constate que :
et
(Ceci entraîne que 0 est un maximum local, mais ne permet pas d'affirmer que c'est un maximum global). - En utilisant la formule de Leibniz :
Exercice 3 :
- Par hypothèse, il existe
tel que pour tout
,
. Par le théorème des accroissements finis, pour tout
, il existe
tel que :
Puisque, on a bien :
- Soit
. Fixons
tel que pour tout
,
Pour, écrivons :
Or :et
Il existetel que pour tout
:
D'autre part, il existetel que pour tout
:
Pour tout, on a donc :
D'où le résultat. - Soit
la fonction qui à
associe
: elle est dérivable sur
et
. Donc
tend vers 0 quand
tend vers
. D'après la question précédente, on a :
Donc :Newton et Leibniz
Les problèmes de quadrature (intégration) et de tangente (dérivation) ont passionné de nombreux mathématiciens depuis Archimède. Les premiers à avoir compris le rapport entre les deux sont Isaac Newton (1643-1727) et Gottfried Wilhem von Leibniz (1646-1716). Ils sont maintenant considérés comme co-inventeurs du calcul différentiel.Pourtant la controverse a longtemps fait rage, du vivant de Newton et Leibniz, et pendant encore de nombreuses années après leur mort. Les uns, à la suite de Newton lui-même, accusaient Leibniz de plagiat, car il aurait eu accès à des manuscrits non publiés de Newton. Les autres prouvaient sans conteste l'antériorité des publications de Leibniz et la supériorité de son système de notation. Il semble bien que Newton avait effectivement développé ses idées avant Leibniz, mais que, même si ce dernier a eu accès à des manuscrits de Newton, il a travaillé de façon indépendante. La controverse, qui paraît de nos jours plutôt futile, eut pour conséquence de couper pendant longtemps les mathématiciens anglais du reste de l'Europe : ce n'est qu'au début du XIXe siècle que les notations de Leibniz furent acceptées en Angleterre. Voici comment, dans Philosophiae Naturalis Principia Mathematica (1687), Newton exprime sa vision des dérivées.Les rapports ultimes dans lesquels les quantités disparaissent ne sont pas réellement des rapports de quantités ultimes, mais les limites vers lesquelles les rapports de quantités, décroissant sans limite, s'approchent toujours, et vers lesquelles ils peuvent s'approcher aussi près qu'on veut.La vision de Newton est très proche de notre définition moderne de la dérivée comme limite d'un taux d'accroissement. C'est d'autant plus remarquable que la notion de limite ne sera définie rigoureusement, que presque deux siècles après les premières découvertes de Newton. L'intuition de Newton est puissante, mais lui-même sent bien qu'il n'a pas défini ses quantités infinitésimales de manière suffisamment rigoureuse. D'ailleurs elles resteront longtemps pour beaucoup un «fantôme de quantités disparues». Peut-être est-ce une des raisons pour lesquelles Newton, dont les premiers travaux sur le sujet datent de 1664, n'achèvera son ouvrage «la méthode des fluxions et des suites infinies» qu'en 1671, et ne le publiera pas de son vivant... contrairement à Leibniz. Par un clin d'il de l'histoire, les noms de Newton et Leibniz sont restés attachés à deux formules extrêmement proches.
Le calcul différentiel indien
Le verset 12 des «Harmonies Célestes»1, écrit en 499 par Aryabhata est une collection de 24 nombres :Il faut comprendre ces nombres comme les différences successives entre les demi-cordes des angles obtenus en divisant en 24 parties égales un quart de cercle de rayon 3428 (la somme des 24 valeurs). En clair : les 24 sommes cumulées, divisées par 3428 sont des valeurs approchées de, pour
allant de 1 à 24. Faites le calcul : la différence maximale en valeur absolue entre les valeurs d'Aryabhata et les valeurs exactes est de
: pas si mal pour quelqu'un qui ne travaillait qu'avec des entiers ! Un peu plus loin, Aryabhata montre qu'il avait finement observé la décroissance de ses tables de différences : «Les différences sont diminuées des quotients successifs des sinus par le premier sinus». En clair, si
désigne la
-ième valeur cumulée :
Ramené aux différences de sinus successifs, Aryabhata n'est pas loin d'exprimer un double taux d'accroissement :Mais parler de dérivée seconde au temps d'Aryabhata serait anachronique, d'autant plus que sa règle ne s'appliquait qu'aux multiples de. Le premier astronome indien à formuler une règle de calcul approchée générale pour de petites différences de sinus est Manjula (932) :
Cette règle empirique sera reprise par Aryabhata II (950) et Bhaskara II (1150). Ce dernier donne une justification géométrique de la formule, et est parfaitement conscient qu'elle est d'autant meilleure queest petit : il parle à cette occasion d'«immesurablement petit». Il exprime même les notions de «différence instantanée de sinus» et «mouvement instantané». Cela suffit-il pour en faire l'inventeur des dérivées ? Peut-être pas car il ne dit jamais explicitement que le cosinus est la dérivée du sinus. Pourtant il est conscient du fait que quand une fonction atteint son maximum, sa «différence instantanée» s'annule. Il observe aussi que quand une planète est à son apogée ou à son périgée, la différence entre sa position observée et sa position prédite pour un mouvement uniforme s'annule et il en déduit qu'en un certain point intermédiaire l'incrément de cette quantité doit aussi s'annuler : c'est le théorème de Rolle !
Du XIVe au XVIe siècle, à la suite de Madhava (1340-1425) une importante école d'astronomie fleurit dans l'état du Kérala, au Sud de l'Inde. Fidèles à la tradition de leurs ancêtres, ces astronomes développent encore le calcul différentiel. Ainsi le théorème des valeurs intermédiaires sera énoncé explicitement au XVe siècle par Parameshvara (1370-1460) dans «Lilavati Bhasya» qui est un commentaire du Lilavati de Bhaskara. Certains ont accusé Newton et Leibniz d'avoir, deux siècles plus tard, pillé les résultats des mathématiciens du Kérala. C'est oublier un peu vite que, malgré des algorithmes d'approximations impressionnants, ceux-ci n'ont jamais défini les notions de dérivée et d'intégrale, ni surtout établi leur réciprocité. Il n'existe aucune preuve que les résultats de l'école du Kérala aient été connus en dehors de l'Inde avant le XIXe siècle. Mais peut-être serez-vous tentés de répondre à la question « qui de Newton ou Leibniz a inventé le calcul infinitésimal ?» par : ni l'un ni l'autre !Le dernier disciple de Galilée
Pour Vincenzio Viviani2, tout commence en 1639. Galilée, alors âgé de 75 ans et devenu aveugle, cherche quelqu'un pour l'aider dans ses travaux. À 17 ans, Viviani, issu d'une famille aisée de la noblesse florentine, se signale par son talent précoce pour les mathématiques. Galilée apprécie la tournure d'esprit et le goût pour les études du jeune homme, et en fait son pensionnaire à Arcetri, sur les collines de Florence. Jusqu'à la mort de Galilée trois ans plus tard, Viviani sera le lecteur et le secrétaire du grand homme. Galilée en vint à considérer Viviani comme un fils, et Viviani conçut pour celui qui l'avait ainsi adopté un attachement profond, qu'il manifesta pendant les 60 ans qu'il devait lui survivre, et même au-delà. Après la condamnation de Galilée par l'Inquisition, et l'interdiction faite de l'enterrer en terre consacrée, il faudra longtemps avant que ses restes puissent reposer dans le caveau familial de l'église Santa Croce à Florence. Ce ne fut fait qu'en 1737, 34 ans après la mort de Viviani qui avait laissé par testament des intructions précises pour l'édification du tombeau de Galilée, auprès duquel ses propres restes furent placés.Les trois ans passés auprès du vieux sage marquèrent définitivement Viviani, qui devint lui-même un savant reconnu, membre de plusieurs académies européennes, dont l'Académie des Sciences de Paris, où Fontenelle prononça son éloge.
Partout il se nomme le dernier disciple de Galilée [...] ; jamais il ne met son nom à un ouvrage sans l'accompagner de cette qualité ; jamais il ne manque une occasion de parler de Galilée et quelquefois même, ce qui fait encore mieux l'éloge de son c
Quant à l'homme, voici le portrait plutôt flatteur d'un contemporain.ur, il en parle sans beaucoup de nécessité ; jamais il ne nomme le nom de Galilée sans lui rendre un hommage ; et l'on sent bien que ce n'est point pour s'associer en quelque sorte au mérite de ce grand homme et en faire rejaillir une partie sur lui ; le style de la tendresse est bien aisé à reconnaître d'avec celui de la vanité.
de m
Élève d'un des savants les plus novateurs de son époque, Viviani se signale pourtant par sa fidélité à la géométrie des classiques grecs3. Il s'était fait connaître pour avoir reconstitué un texte d'Appolonius, que l'on croyait perdu, mais qui fut retrouvé dans une traduction arabe avant que Viviani ait terminé son travail de divination. La proximité entre la traduction de l'original et la reconstitution de Viviani, établit la réputation de ce dernier. Grand connaisseur de Pappus, il sait que l'on trouve dans ses travaux la description d'une courbe, tracée sur une sphère, qui délimite sur cette sphère une surface quarrable, c'est-à-dire dont on peut donner l'aire exacte. Cette courbe est l'intersection avec la sphère d'un cylindre dont le diamètre est égal au rayon de la sphère, et dont une directrice passe par le centre de la sphère (figure 7).urs honnêtes et pures ; de manières exquises ; d'aspect agréable ; avec toujours un air de gaieté sur le visage ; modéré dans ses paroles, très apprécié dans sa conversation. Il était plutôt grand de taille, avait la peau claire et les cheveux bruns ; ses yeux d'un léger bleu turquoise étaient toujours vifs et brillants.
Figure 7: La fenêtre de Viviani En 1692, connaissant la solution, il pose le problème comme un défi lancé aux tenants de la nouvelle pratique analytique, Leibniz en tête, qui prétendent que le tout nouveau calcul infinitésimal peut résoudre des problèmes sur lesquels la géométrie des Grecs échoue. L'année précédente, les frères Bernoulli et Leibniz avaient corrigé une erreur de Galilée sur la chaînette, ce qui a sans doute contribué à indisposer Viviani.ENIGME GEOMETRIQUE DE LA MERVEILLEUSE CONSTRUCTION DE LA VOUTE HEMISPHERIQUE QUARRABLEproposée par D. PIO LISCI PUSILLO, géomètreParmi les vénérables monuments de la savante Grèce antique, se dresse encore, destiné à durer éternellement, un Temple très auguste à plan circulaire, dédié à la FECONDE GEOMETRIE, qui est recouvert d'une coupole parfaitement hémisphérique à l'intérieur ; mais dans cette coupole, quatre fenêtres d'aires égales (disposées autour et sur la base de l'hémisphère même) sont construites de telle configuration, de telle grandeur, avec une telle industrie et une telle intelligence que, celles-ci ôtées, la surface courbe restant de la coupole, ornée d'un travail précieux, peut être quarrée géométriquement.
On demande simplement quelle est cette partie quarrable de la surface hémisphérique tendue comme une voile marine gonflée, par quelle méthode ou par quel art fut-elle obtenue par l'Architecte Géomètre, et à quelle surface plane enfin elle est égale.
La résolution du présent problème (qui permet la contruction aussi bien que la quadrature de cette admirable voûte) a été offerte à son Altesse SérénissimeFERDINAND, Prince de Toscane, amateur et patron généreux des sciences et des arts nobles, par l'auteur même de l'énigme. Celui-ci du même coup ne doute point que le problème ne doive être trouvé aussitôt par chacun des illustres Analystes qui existent aujourd'hui dans le monde des lettres, en partageant en carrés appropriés cette remarquable voûte quarrable découpée sur l'hémisphère, et il attend impatiemment que, les subtiles recherches des mêmes et leurs multiples travaux se ramenant au même et unique [lieu] géométrique, alors ceux qui osent témérairement lancer des injures à la Géométrie apprennent à se taire, ou plutôt s'écrient à haute voix :
Ô unique Science des vérités accessibles, que l'Esprit divin a répandu dans l'esprit humain, afin que celle-ci méprisant les choses inaccessibles, changeantes et trompeuses, vise seulement les choses éternelles, qui sont toujours et pour tous semblables, et n'ait jamais pour son étude d'objet plus innocent.
Le nom d'emprunt sous lequel Viviani pose l'énigme est un anagramme de Postremo Galilaei Discipulo (le dernier disciple de Galilée). Il ne cache pas son ironie à l'égard des « illustres Analystes qui existent aujourd'hui». Mais ces derniers sont prompts à relever le défi, qui tombe à pic comme banc d'essai pour le calcul infinitésimal. Leibniz le résoud dit-il le jour même où il en prend connaissance, Jean Bernoulli publie 5 solutions différentes, Roberval dit avoir déjà rencontré la courbe, Huygens, le Marquis de l'Hôpital, Wallis et Gregory fournissent aussi des réponses. Voici un extrait de celle de Leibniz, qui profite de son triomphe pour faire un brin de propagande visionnaire.
Hippocrate de Chio a effectué la quadrature de sa lunule, déjà connue d'Aristote ; mais elle est plane et n'a de courbe que son périmètre. Les lunules sphériques (qu'on peut aussi appeler « voiles»), ne peuvent être projetées qu'à la perpendiculaire, et elles sont pourtant maintenant converties en figures rectilignes. Et la recherche d'Hippocrate n'était pas difficile ; la nôtre est beaucoup plus compliquée, surtout pour qui ignore les méthodes que nous utilisons.
[...] Pour nous le sujet nous a si bien réussi qu'à partir d'une surface sphérique donnée, nous pouvons en détacher des arches d'une grandeur donnée (en-dessous pourtant d'une certaine grandeur), ce qui est résoudre le problème posé d'une infinité de manières.
[...] Je souhaite - et ce souhait si d'autres y travaillent n'est pas irréalisable - voir la Géométrie réduite à l'Analyse absolue (si nous visons au plus haut) de sorte que le genre humain, délivré de cette difficulté, puisse appliquer désormais, pour son plus grand plaisir et son plus grand profit, son étude à la nature même et aux éléments concrets et puisse ainsi y reconnaître l'Étude Divine.
Si l'esprit humain, armé de la véritable méthode, se tourne sérieusement de ce côté, je ne doute point qu'il produira un jour de grandes merveilles pour vaincre les maladies, pour accroître les commodités de l'existence, pour connaître les miracles que Dieu fait dans la nature.
Les «fameux Analystes de l'âge présent», vainqueurs par KO, eurent la magnanimité de baptiser l'objet de l'énigme «fenêtre de Viviani». Elle s'ouvrait sur un avenir radieux : le Siècle des Lumières qui allait commencer serait bien en mathématiques celui des victoires du calcul différentiel.Règle de l'Hôpital et Théorème de Rolle
L'histoire est injuste. Nous vous avons proposé comme exercice facile d'application des définitions, la «Règle de l'Hôpital» : la limite du rapport de deux accroissements de fonctions en un point est le rapport des dérivées des fonctions en ce point ; et au cas où vous poseriez la question, non, il n'est vraiment pas utile de retenir ce résultat par cur. En revanche, nous avons lourdement insisté sur l'importance du Théorème de Rolle, qui au fond n'est ni plus difficile ni moins intuitif : si une fonction part d'une valeur pour retourner à cette même valeur, sa dérivée doit s'annuler dans l'intervalle. En 1691, Guillaume François Antoine de L'Hôpital, marquis de Sainte-Mesme, comte d'Entremont, seigneur d'Oucques, La Chaise, Le Bréau et autres lieux (1661-1704), avait invité chez lui Jean Bernoulli, pour apprendre de celui-ci la nouvelle théorie de Leibniz. L'ayant bien assimilée, il s'en était fait l'ardent propagandiste, publiant en 1696 son «Analyse des infiniment petits, pour l'intelligence des lignes courbes». Cet ouvrage fit beaucoup pour la diffusion de la théorie en France, même si celle-ci n'alla pas sans heurts 4. Voici le début lyrique de la préface de l'«Analyse des Infiniment Petits».
L'ANALYSE qu'on explique dans cet ouvrage, suppose la commune ; mais elle en est fort différente. L'Analyse ordinaire ne traite que des grandeurs finies : celle-ci pénètre jusque dans l'infini même. Elle compare les différences infiniment petites des grandeurs finies ; elle découvre les rapports de ces différences : et par là elle fait connaître ceux des grandeurs finies, qui comparées avec ces infiniment petits sont comme autant d'infinis. On peut même dire que cette Analyse s'étend au-delà de l'infini : car elle ne se borne pas aux différences infiniment petites ; mais elle découvre les rapports des différences de ces différences, ceux encore des différences troisièmes, quatrièmes, et ainsi de suite, sans trouver jamais de terme qui la puisse arrêter. De sorte qu'elle n'embrasse pas seulement l'infini ; mais l'infini de l'infini, ou une infinité d'infinis.
Rassurez-vous : beaucoup de lecteurs de l'époque ont ressenti le même vertige que vous devant une telle envolée. Cette nouvelle analyse supposée s'étendre «au-delà de l'infini», sans que l'on ait donné de sens rigoureux à son objet de base, les « différences infiniment petites», ressemblait fort à un château dans les nuages, et beaucoup doutaient en conséquence que l'on puisse en tirer autre chose que du vent. En 1701, Michel Rolle (1652-1719) lit à l'Académie Royale des Sciences un mémoire intitulé «Du nouveau système de l'infini». Dès les premières lignes, le ton est donné.
On avait toujours regardé la Géométrie comme une Science exacte, et même comme la source de l'exactitude qui est répandue dans toutes les autres parties des Mathématiques. On ne voyait parmi ses principes que de véritables axiomes : tous les théorèmes et tous les problèmes qu'on y proposait étaient ou solidement démontrés, ou capables d'une solide démonstration ; et s'il s'y glissait quelques propositions ou fausses ou peu certaines, aussitôt on les bannissait de cette science.
Mais il semble que ce caractère d'exactitude ne règne plus dans la Géométrie depuis que l'on y a mêlé le nouveau système des infiniment petits. Pour moi, je ne vois pas qu'il ait rien produit pour la vérité, et il me paraît qu'il couvre souvent l'erreur.
Voici comment Fontenelle, bien des années plus tard, rapporte la controverse dans son éloge de Rolle.
En ce temps-là, le livre de M. le Marquis de l'Hôpital avait paru, et presque tous les mathématiciens commençaient à se tourner du côté de la nouvelle géométrie de l'infini, jusque-là peu connue. L'universalité surprenante des démontrations, la finesse et la promptitude des solutions les plus difficiles, une nouveauté singulière et imprévue, tout attirait les esprits, et il se faisait dans le monde géomètre une révolution bien marquée. Elle n'était pourtant pas absolument générale ; dans le pays même des démonstrations on trouve encore le moyen de se diviser. Feu M. L'Abbé Galois, comme nous l'avons dit même dans son éloge, ne goûtait point la nouvelle Géométrie, mais il était bien aise de ne la combattre qu'avec le secours ou à l'abri d'un géomètre de nom, et heureusement il trouva dans M. Rolle les dispositions nécessaires pour s'unir à lui. Il mit dans la société le courage d'entreprendre la guerre, et l'art de la conduire, qui tous deux auraient peut-être manqué à M. Rolle, et celui-ci ne fut obligé que de fournir les raisonnements.
[...]
Quand la paix des Infiniment-petits fut faite, ou le silence ordonné, M. Rolle donna son application à d'autres sujets de Géométrie, où l'algèbre dominait toujours ; il ne laissait pas d'y glisser encore adroitement des accusations d'insuffisance ou même de fausseté contre le nouveau calcul, avec lequel il ne s'est jamais bien réconcilié, et les Infinitaires étaient au guet pour ne lui rien passer qui les intéressât trop.
Avant de combattre les «Infinitaires», M. Rolle avait quand même bien produit des mathématiques. Dans un ouvrage de 1691 «Démonstration d'une méthode pour résoudre les égalités de tous degrés», il avait exposé une technique pour localiser les racines d'un polynôme, la «méthode des cascades». Ce n'est que bien plus tard que l'on s'est rendu compte que la « cascade» d'un polynôme n'était autre que sa dérivée, et que l'observation qu'entre deux racines d'un polynôme on trouvait toujours une racine de sa dérivée, avait une portée beaucoup plus générale.Non, le Théorème de Rolle n'est pas vraiment dû à Michel Rolle ; mais que cela ne vous empêche pas de le retenir !Une construction de l'exponentielle et du logarithme
Le logarithme népérien vous a sans doute été présenté comme la primitive de la fonctionqui s'annule en
, et l'exponentielle comme sa fonction réciproque. On en déduit alors les propriétés de ces deux fonctions. Nous allons voir une autre définition.Le but de ce qui suit est de construire les fonctions exponentielle et logarithme, et d'en démontrer les principales propriétés, à partir de la propriété fondamentale de l'exponentielle, qui est de transformer les sommes en produit.
(3)
Cette construction illustrera l'utilisation des outils de base de l'analyse : limites, continuité, dérivabilité, convexité. Dans un premier temps, nous raisonnerons par condition nécessaire, en supposant l'existence d'une fonctionvérifiant (3), pour en déduire ses propriétés.
Proposition 10 Soitune fonction de
dans
, vérifiant (3). Alors :
- Si
s'annule en un point, alors
est identiquement nulle sur
.
- Si
ne s'annule pas, alors
et pour tout
:
- Pour tout
, pour tout
:
Démonstration : Si, alors pour tout
,
Donc, soitest identiquement nulle, soit elle ne s'annule jamais. Comme
, si
, alors
. Ensuite,
, d'où le point 2. Le point 3 se vérifie aussi facilement, par récurrence sur
.
Proposition 11 Soitune fonction de
dans
, non nulle, continue en 0, et vérifiant (3). Alors
est :
- strictement positive,
- continue sur
,
- convexe sur
,
- dérivable sur
et :
Démonstration : D'après la proposition 10, siest non nulle, alors
. Comme
est continue en 0, il existe
tel que pour tout
,
. Soit
quelconque ; il existe
tel que
. D'après le point 3 de la proposition 10,
.Montrons maintenant la continuité en un point
quelconque de
.
carest continue en 0 et
.La démonstration de la convexité est plus difficile. Nous souhaitons montrer que pour tout
, et pour tout
,
(4)
Nous allons d'abord montrer que pour tout,
(5)
D'après (3) et le point 3 de la proposition 10,
On pourrait en déduire (5), en utilisant... la concavité du logarithme, que nous sommes précisément en train de construire. Ce ne serait pas de jeu !Nous allons démontrer (5) par récurrence sur. Observons d'abord que (5) est trivialement vraie pour
. Vérifions qu'elle est vraie pour
. D'après (3) et puisque
est strictement positive, on a :
Il est facile de vérifier que siet
sont deux réels positifs, alors
, d'où (5) pour
. Nous en déduisons ensuite que si (5) est vraie pour un entier
, alors elle est vraie pour
. En effet :
Montrons maintenant que si (5) est vraie pour un entier, alors elle est vraie pour
.
Soit en regroupant les termes :
d'où le résultat pour. Maintenant, si (5) est vraie pour un entier
, elle est vraie pour
, et d'après ce qui précède, aussi pour
,
, ...,
. Elle est donc vraie pour tout
.Soient
et
deux entiers positifs tels que
, et
deux réels tels que
. Appliquons (5) pour
,
, et
. On obtient :
soit (4) pour. Donc (4) est vraie pour tout
rationnel. Mais tout réel étant limite d'une suite de rationnels, et la fonction
étant continue, (4) est aussi vraie pour tout
réel, donc
est convexe.La dérivabilité se déduit de la convexité, en utilisant la propriété (3). Commençons par montrer que
est dérivable en 0. Considérons la fonction
, qui à
associe l'accroissement :
La fonctionétant convexe, ses accroissements sont croissants, donc la fonction
admet une limite à gauche et une limite à droite en 0. La fonction
est donc dérivable à gauche et à droite en 0. Nous devons montrer que les deux dérivées sont égales. Pour cela, calculons
, en utilisant le point 2 de la proposition 10.
Or quandtend vers 0,
tend vers
, par continuité de
en 0. Donc la limite à gauche de
en 0 est égale à sa limite à droite, ce qui entraîne que
est dérivable en0. Pour en déduire la dérivabilité en un point
quelconque de
, il suffit d'appliquer une fois de plus la propriété (3) :
Puisqueest strictement positive,
est de signe constant. La fonction
est :
- strictement croissante si
,
- constante (et égale à
) si
,
- strictement décroissante si
.
Jusqu'ici nous n'avons raisonné que par condition nécessaire : rien ne prouve encore qu'il existe des fonctions
vérifiant les hypothèses des deux propositions précédentes.
Proposition 12 Pour tout, il existe une unique fonction
, continue en 0, vérifiant (3), et telle que
.
Démonstration : La fonction qui répond à la question est évidemment celle qui àassocie
. Encore faut-il préciser sa définition, et montrer qu'elle est la seule.Si
est un entier positif,
est le produit de
facteurs égaux à
, et
. La fonction qui à
associe
est strictement croissante et bijective de
dans
. Donc sa réciproque est aussi strictement croissante et bijective de
dans
. Si
est un réel positif, le réel
tel que
est donc défini de façon unique, et on convient de le noter
, de sorte que
. Si
est un rationnel, nous savons donc définir
. Cette définition, et les propriétés des puissances entières, entraînent que la propriété (3) est vérifiée pour tout couple
de rationnels :
.
Nous souhaitons étendre la définition deà tous les réels, par continuité. Observons d'abord que nous pouvons, sans perte de généralité, supposer que
et
, grâce à la propriété
. Si
et
sont deux rationnels tels que
, alors
. Une des propriétés fondamentales de l'ensemble
est que tout réel est la borne supérieure de l'ensemble des rationnels qui lui sont inférieurs. Si
est un réel quelconque et
, nous pouvons donc définir
comme :
et
Il reste à vérifier que la fonction ainsi définie est bien continue, et qu'on a donc aussi :
et
Pour cela, commençons par montrer que siest une suite de rationnels positifs, tendant vers 0, alors
converge vers
. Fixons
tel que
. Considérons les deux suites
et
. Si la suite
tend vers 0, la suite
tend vers
. Si
est un réel positif, alors quand
tend vers l'infini,
tend vers 0 si
, vers
si
. On en déduit que
converge vers 0, alors que
converge vers
. Donc il existe
tel que pour tout
,
soit. Si les
sont des rationnels négatifs, la conclusion est la même car
. Donc la conclusion reste vraie pour une suite de rationnels
de signe quelconque. On en déduit donc que la fonction que nous avons définie est bien continue en 0.Pour
, la fonction qui à
associe
est donc continue en 0, elle est non nulle, et elle vérifie (3) pour tout
rationnels, donc pour tout
réels, en passant à la limite. D'après le point 2 de la proposition 11, elle est donc continue sur
.
Pour l'unicité, il suffit d'observer que si une fonctionvérifie (3) et est telle que
, alors par la proposition 10, elle est telle que
, pour tout
rationnel. Deux fonctions continues qui coïncident sur les rationnels, sont nécessairement égales (tout réel est limite d'une suite de rationnels). Donc
, pour tout
réel.
Pour
, notons
l'unique fonction continue en 0, vérifiant (3), et telle que
, à savoir la fonction qui à
associe
.
Puisque, la fonction
est non nulle et on peut lui appliquer la proposition 11 :
est dérivable sur
.
Définition 8 On appelle logarithme, et on notela fonction définie sur
, qui à
associe
.
Proposition 13
- Pour tout
, on a :
- Pour tout
et
, on a :
- La fonction
est strictement croissante, et :
et
Démonstration : Pour le premier point, soientet
deux réels strictement positifs, et considérons la fonction
. On a :
On calcule donc la dérivée deen 0, en dérivant le produit
:
Pour le point 2, soitet
deux réels.
Fixons, dérivons par rapport à
et prenons la dérivée en 0. On obtient :
d'où le résultat.Passons au point 3. Fixons. La fonction
est alors strictement croissante, elle admet donc une limite en
. Or la suite
tend vers
, donc la limite de
en
est
. La relation
montre que la limite de
en
est 0. La fonction
est donc bijective, de
dans
. La relation
montre que la fonction réciproque de
est la fonction qui à
associe
. Cette fonction est donc strictement croissante et bijective de
dans
.
Il nous reste à définir la fonction exponentielle, qui est la réciproque du logarithme. D'après le point 3 de la proposition 13, il existe un réel unique, strictement positif, dont le logarithme vaut
. On le note
.
Définition 9 On appelle exponentielle, et on note, la fonction qui à
associe
, où
est l'unique réel tel que
.
Proposition 14 L'exponentielle est la réciproque du logarithme. Les deux fonctions sont strictement croissantes et dérivables.
et
Puisque, on a
, par le point 2 de la proposition 13. La dérivée de l'exponentielle est donnée par le point 4 de la proposition 11. On dérive le logarithme comme une fonction réciproque :
- Si
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